Variations et fugue

Au premier regard, la surface oppose un réseau serré de lignes, de bâtonnets, un enchevêtrement linéaire se lisant progressivement comme des pictogrammes. Tout un jeu subtil de rythmes et de séquences graphiques entrecroisés, une émergence de signes inscrits par une gestuelle maîtrisée à la façon des mailles tricotées d’un filet. Hiéroglyphes imaginaires retenus dans des cadres discrètement résorbés à la surface de la toile qui évoquent des fenêtres ouvertes, des lucarnes ou encore des escaliers. La lecture est là, à portée de notre déchiffrement visuel, infléchi par des effets optiques inducteurs d’un papillotement sensible. Jouant sur des gammes mineures, de blanc, ocre jaune, gris, le chromatisme introduit l’idée de la variation. Reprise et développement à partir du thème initial. La fugue se développe jusqu’aux accords sonores d’un rouge feu. Mais la confidence s’accorde au tempo moderato de l’ensemble. La lecture peut se faire de haut en bas ou de bas en haut, la saturation lumineuse contribue au sentiment de densité, de simultanéité comme dans la lumière conquise par le vitrail qui se révèle dans toute l’harmonie d’un ultime accord
Lydia Harambourg